On a testé comment faire du plastique avec de la canne à sucre !
Le 23 mai 2011 par Alexia Decarme ·
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Alfapac nous a proposé un atelier pour comprendre comment faire du plastique à partir de canne à sucre. Epaulée par Maud Fontenoy, la société d’emballages plastiques ménagers a fait découvrir les avantages de ce nouveau procédé qui émet peu de CO2. Explications les mains dans la pâte !
Alfapac Vegetal Origin promet des emballages ménagers qui réduisent leur empreinte carbone de 95%. Pour comprendre le mécanisme, direction l’atelier « Comment faire des sacs-poubelles à partir de cannes à sucre ? ».
La séance commence par une question : qu’évoque le mot plastique pour vous ? Des mots comme « déchets » ou « 8e continent » sont sortis des bouches. Par la suite, les animateurs ont déposé sur une table des cerises, de la poire, du maïs, de la betterave, de la canne à sucre et des pommes de terre. Question cruciale: lesquels de ces éléments peuvent produire du plastique ? Tous ! Surprise dans l’assemblée. En effet, avec cette flore, nous pouvons produire de l’alcool. Or, l’alcool, c’est de l’éthylène. Et la molécule d’éthylène est nécessaire à la fabrication du plastique, qu’il soit végétal ou fossile (pétrole).
Les enfants ont ensuite reconstitué deux fameuses molécules d’éthylène, une provenant d’un végétal, et une provenant du pétrole. Les molécules étaient à première vue semblables, mais pourtant… Il y avait présence de petits trous dans la molécule provenant du pétrole, qui illustraient la captation de carbone 14 de cette énergie fossile. La raréfaction des produits pétroliers et leurs impacts environnementaux obligent à imaginer des alternatives pour produire et consommer autrement. D’où l’idée de substituer le pétrole nécessaire à la fabrication d’emballages ménagers par de la canne à sucre ! Lire la suite
Dico Ecolo : le bioéthanol
Le 15 octobre 2010 par Arnaud Lacroix ·
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Parce que l’environnement est un sujet d’actualité brûlant et que les mots écolo fleurissent sans être compris par tous, Ce petit dictionnaire explique simplement ces termes que l’on entend régulièrement. Il sera étoffé au gré de l’actualité écolo, de nos idées, mais aussi de vos suggestions et envies : ajoutez des précisions, donnez votre opinion, demandez de nouvelles définitions via l’espace des commentaires…
Un dico écolo sur mesure ! Qui va être incollable sur l’environnement ? Aujourd’hui : le bioéthanol, à l’heure du Mondial de l’Automobile.
Son histoire : C’est grâce au moteur à explosion de Nikolaus Otto, alimenté à l’éthanol végétal, que ce biocarburant apparaît sur la scène automobile à la fin du XIXème siècle. La Ford T au début du XXème siècle roule avec ce biocarburant, mais il faut attendre la hausse du prix du pétrole dans les années 2000 pour qu’il revienne au goût du jour.
Sa composition : le bioéthanol, c’est de l’éthanol mais végétal. Il est issu des plantes sucrières (betterave, canne à sucre…) et des céréales à paille comme le blé, le maïs ou le froment. C’est à partir de la fermentation de levures comme le saccharose issu du sucre ou du glucose extrait de l’amidon qu’on obtient ce liquide homogène et incolore après distillation et déshydratation. Le bioéthanol peut aussi être produit à partir de « biomasse lignocellulosique » telle que le bois ou encore l’herbe. Mais la fermentation de ces sucres issue de ces matières végétales est beaucoup plus difficile à réaliser.
Son usage : Il est réservé aux moteurs à essence. L’usage du bioéthanol pur dans des véhicules de série n’est pas possible, les caractéristiques de l’alcool étant trop éloignées de celles de l’essence. On trouve donc le bioéthanol mélangé avec d’autres essences. Soit on le transforme en produit composite, à l’instar de l’ETBE (Ethyl Tertio Butyl Ether, composé de 47% de bioéthanol et de 53% d’isobutylène) pour le mélanger à de l’essence « classique », soit on l’associe à du Sans plomb 95 pour en faire du Superéthanol E85, seulement compatible avec les véhicules flex-fuel et spécialement conçus pour ce type de combustible.
Concernant le Superéthanol E85, celui-ci est commercialisé en France depuis le 1er janvier 2007. E85 car il contient 85% d’éthanol et 15% de Sans plomb 95. Globalement en France, mis à part l’E85, le bioéthanol est présent à hauteur de 7% dans le Sans Plomb 95 et le Sans plomb 98, jusqu’à 10% dans le Sans plomb 95-10. La Mégane E85, conçue par Renault, qui roule au carburant E85, consomme environ 20 à 30% de plus que le modèle à essence classique. Mais le bioéthanol se révèle être moins cher à la pompe.
Son actualité : La polémique est de mise à propos de l’usage du bioéthanol. On critique son usage aux dépens des cultures alimentaires comme le blé ou le maïs, car les milliards de litres de bioéthanol pèsent sur la production agricole. Le bioéthanol a été accusé d’être un des acteurs responsables de la hausse des prix alimentaires en 2007 et 2008, à l’origine des multiples émeutes de la faim. Rouler au « vert » avec le bioéthanol ne fait donc pas consensus. Reste que le bioéthanol engendre selon l’Ademe (l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’environnement) une diminution des gaz à effet de serre de 70 %.
Au Brésil, la production d’éthanol en 2009 est estimée à 25 milliards de litres. Le gouvernement américain vient quant à lui d’annoncer, le mercredi 13 octobre 2010, qu’il autorisait 50 % d’éthanol supplémentaire dans le carburant des véhicules. En ce qui concerne la France, producteur autosuffisant en éthanol, des dispositions fiscales ont été mises en place dès 2007 pour inciter les français à l’achat d’un véhicule flex fuel.
Plus d’infos: www.bioethanolcarburant.com/
De l’herbe à la pompe ?!
Le 2 juillet 2009 par Alexandrine Chaillou ·
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Le Pays de Galles travaille sur l’élaboration d’un nouveau carburant vert, à base.. d’herbe ! Baptisé « Grassohol », cet ambitieux projet vise en fait à produire de l’éthanol à partir de « ray grass », une plante fourragère très répandue au Pays de Galles.
Le projet, soutenu par un budget d’un million de livres, est dirigé par l’IBERS (Institut des sciences biologiques, environnementales et rurales de l’Université d’Aberystwyth) en coopération avec deux entreprises galloises, Aber Instruments et le Groupe Wynnstay. D’après Joe Gallagher (IBERS), l’élaboration d’un carburant à partir de « ray-grass » constitue une solution durable ne remettant pas en cause les intérêts de l’industrie alimentaire.
Une plante rentable, facile à cultiver, écologiquement viable
En effet, le « ray-grass » est généralement cultivé en association avec du trèfle blanc, qui fixe l’azote dans le sol et agit comme un engrais naturel. Il permet de ce fait de minimiser les coûts de production, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre générées par la fabrication d’engrais de synthèse. Les chercheurs tenteront donc de mettre en évidence les meilleures méthodes d’extraction et de fermentation des sucres, ainsi que les techniques permettant d’obtenir des rendements et des taux de production d’éthanol maximum.
« Le ray-grass est parfaitement adapté à nos conditions climatiques et à nos sols. Sa culture n’affectera ni les paysages écologiquement sensibles ni la biodiversité, et il a une teneur élevée en hydrates de carbone extractibles. Toutes ces qualités associées en font une plante très intéressante pour la production de carburant, d’un potentiel supérieur à nombre d’autres candidats. Si un nouveau débouché rentable est trouvé pour l’herbe, les agriculteurs pourront augmenter leur production pour répondre à la demande. Techniquement, une même parcelle pourrait servir aussi bien au pâturage des animaux, à la production d’ensilage et à la production de carburant», souligne encore Joe Gallagher.
Une opportunité économique et écologique pour la région
La production britannique de biocarburant est pour le moment très limitée et l’essentiel du bioéthanol vendu actuellement au Royaume-Uni est importé. Le ray-grass apparaît donc comme une solution prometteuse pour la région.
Contrairement au bioéthanol actuel, auquel on peu reprocher de recourir à des cultures qui ont avant tout vocation de nourrir la planète (maïs, blé, canne à sucre) et de représenter à terme un risque pour la sécurité alimentaire mondiale, le ray-grass est présent en abondance au R.U. et n’est pas destiné à l’alimentation humaine. Au Pays de Galles, 1,04 million d’hectares, soit 62% des terres disponibles, sont occupés par des prairies permanentes et constituent donc une importante source de matière première. Un hectare de prairie pourrait produire jusqu’à 4 500 litres d’éthanol ! Des raffineries pourraient alors être créées au niveau local, dans les exploitations.
Le ministre de l’Économie et des Transports, Ieuan Wyn Jones, a déclaré que ce programme de recherche permettait d’espérer la mise au point d’un vrai carburant vert révolutionnaire et rentable : «Si le projet Grassohol aboutit, il pourrait permettre de stimuler l’économie rurale, en donnant aux agriculteurs une nouvelle possibilité viable de se diversifier. On pourrait assister à la création de nouveaux emplois « verts », ainsi qu’à l’émergence de technologies annexes, tournées vers la production et le raffinage du bioéthanol».
Affaire à suivre…





