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Un artiste qui défend les ours polaires

Le 8 janvier 2012 par · Donner son avis 

Entre la corrida et le réchauffement climatique, l’artiste Pierre Baudean ne laisse rien passer des dérives de notre société.

En janvier 2010, Pierre Baudean exposait au Grand-Palais de Paris une œuvre dénonçant la corrida. Intitulée la Mort du Toréador, cette sculpture était composée d’un unique taureau en métal. L’artiste s’était inspiré du style des grottes de Lascaux pour créer un taureau aux formes simples mais efficaces.

Dernièrement, l’artiste s’est attaqué au réchauffement climatique et à ses premières victimes, les ours polaires. Sa dernière œuvre, Polaris, représente une maman ours et son petit sur une banquise de plus en plus fragile. Rien de très joyeux mais une sculpture particulièrement poétique.
Loin d’être un artiste secret, Pierre Baudean a créé deux vidéos détaillants les étapes de fabrication de Polaris.


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Manu Chao, le globe-trotter altermondialiste

Le 4 août 2011 par · Donner son avis 

Cet été, suivez notre série sur les chanteurs engagés pour la planète. Cette semaine, départ pour un voyage aux accents hispaniques avec Manu Chao.

Il se définit lui-même comme un « artisan-bricoleur qui casse des jouets ». De la Mano Negra à sa carrière solo, Manu Chao a fait bien plus que cela. Globe-trotter et artiste, il associe la musique et les voyages. Sur son chemin personnel, il a pris conscience de l’urgence écologique.

Rien ne prédisposait le petit José-Manuel Thomas Arthur Chao à une telle carrière musicale -et engagée ! Et cela, même si son père, écrivain et journaliste à RFI Amérique latine, recevait de nombreux écrivains à la maison, comme Gabriel García Márquez, Alejo Carpentier et Juan Carlos Onetti.

En 1984, Manu Chao débute la musique et joue dans plusieurs groupes à la fois. La scène alternative Française Parisienne est en plein essor et c’est avec la superbe Mano Negra que nous avons découvert le jeune homme. Cependant, le groupe se sépare en 1994, juste après la sortie de l’album Casa Babylone. Lire la suite

Expo : les objets trouvés et détournés de Fanny Viollet

Le 16 mai 2011 par · Donner son avis 

La galerie Nathalie Gas & Bernard Guillon consacre une exposition à l’artiste plasticienne du fil Fanny Viollet. Elle invite le public à partager une nouvelle approche du «détournement durable». « Objets trouvés, objets détournés » nous plonge ainsi au cœur d’une démarche artistique qui raconte la remise en scène de petits restes du quotidien voués à la disparition.

Depuis plusieurs années, le travail plastique de Fanny Viollet est influencé par l’attention qu’elle porte aux choses minuscules du quotidien, objets oubliés, perdus ou laissés au rebus, qu’elle collecte, glane ou ramasse lors de ses déambulations citadines. Tickets de métro, mouchoirs en tissu, opercules de pots de yaourts, emballages alimentaires, bagues des écheveaux de coton à broder… Tous ces objets sont ensuite manipulés, abandonnés aux doigts de fée de l’artiste.

Ses techniques sont aussi modestes que les matières d’origine. Généralement elle se sert de fil pour assembler tous ces petits restes avec des points de couture ou de broderie. Ecriture, mots ou signes sont souvent présents. Toutes ses œuvres sont des histoires, des bouts de vie, des métaphores. Par sa démarche poétique de “fétichiste obsessionnelle” de l’objet, elle garde la mémoire de nos vies.

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T’as le look canette!

Le 13 octobre 2010 par · 4 commentaires 

Dans le cadre du concours « Coca-Cola du désign durable », Néoplanète vous fait découvrir des artistes et  designers travaillant à partir d’emballages de boissons.

Des têtes de canettes, qui amusent les enfants et séduisent les parents. Voilà la belle trouvaille de Didier Triglia, artiste peintre, attiré par les étranges créatures.

Ça ressemble à l’univers de Tim Burton, des couleurs à foison et des personnages parfois rieurs, de temps en temps tristes, voir complètement colériques. Des drôles de visages, des expressions originales. Mais des formes humaines qui nous feraient presque oublier la canette. Un objet tombé inopinément dans l’escarcelle de l’artiste.

Dans le monde artistique, le hasard fait souvent bien les choses. Pour Didier Triglia, la vue d’une canette écrasée signifie le début de l’aventure. Il la ramasse comme Charlie découvrant un ticket d’or, dans Charlie et la chocolaterie, le récit de Roald Dahl. Le déclic opère tout de suite. « J’ai tout de suite pensé à un visage ». Ne restait plus qu’à trouver un support, ajoutant la  « tête de canette », sur la surface de sa toile ou dans ses sculptures.

« Je ne les écrase pas, elles le sont déjà »

Dans l’art de la récupération des matériaux, il y a toujours l’adaptation à la matière, mais aussi la signature de l’artiste, sa singularité. Pour ce qui est de la canette ramassée et compressée, Didier Triglia a fait le choix de ne pas la retoucher, de la laisser à l’état brut, de ne pas l’écraser lui-même:

« J’y ai  juste ajouté des yeux, un nez, je l’ai collée sur une toile, j’ai fait quelques ajustements et ensuite elle s’est vendue très rapidement ». Le succès d’une œuvre ne sait se faire attendre, surtout quand celle-ci reçoit l’onction du grand public et des plus jeunes.

Comme c’est le cas lorsque Didier Triglia anime des ateliers autour des canettes, avec des adultes et des enfants. L’idée : « faire comprendre aux petits et grands qu’on peut faire des œuvres avec très peu de choses ». Elle séduit des classes d’élèves et des instits, qui imitent avec succès les têtes de canettes. Un beau renvoi d’ascenseur !

« Certaines vont devenir collector »

Pour Didier Triglia, natif de la région de Perpignan, la récupération ne s’applique pas seulement aux canettes.Il travaille les bois flottés pour en faire des sculptures ou les  déchets plastiques rejetés par la mer, pour ses œuvres baptisées « efait’mer ». Toujours dans l’esprit des travaux réalisés autour des canettes. Ce matériau si évolutif, au niveau de son métal, de son packaging, qui fait dire à l’artiste qu’à n’en plus douter, certaines canettes « devraient devenir collector »! Pour les admirateurs de ses oeuvres, elles le sont déjà.




De gauche à droite, de haut en bas (en haut à gauche du texte, tête de canette sur toile, le cousin de Toulouse Lautrec, au milieu, miroir à canettes, en bas à gauche, l’artiste Didier Triglia), quelques « têtes de canettes » sur papier,  incrustées dans les toiles de l’artiste ou présentes  sur d’ autres supports (boîtes, sculptures…):

1/Tête de canette sur toile, 30 x 40, Le peintre
2/Tête de canette sur toile, 30 x 40,Le combat
3/Tête de canette sur toile, 24 x 40, Le musicien
4/Tête de canette sur toile, 24 x 30, Le chef d’Orangina
5/Tête de canette sur toile, Drôle de véhicule
6/Tête de canette sur toile, 46 x 38, Sérénade à Perpignan
7/Tête de canette sur papier, 15 x 21
8/Tête de canette sur papier, 15 x 21
9/Tête de canette sur papier, 15 x 21
10/Tête de canette sur papier, 15 x 21
11/Sculpture bois et canette
12/Boîte-bois canette, 15 x 21, Les Siamois
13/Boîte de canette


























Pour plus d’infos à propos des oeuvres réalisées par Didier Triglia:
http://triglia.free.fr/

http://didiertriglia.over-blog.com/

L’artiste, le poisson, et la marée noire

Le 27 septembre 2010 par · Donner son avis 

L’eau et l’environnement ? Elle en frétille d’avance. Les marées noires ? Elle les illumine. Portrait d’une artiste qui émerge.

Par Alice Audouin.

Quand on lui demande son nom, Camille Goujon répond : « Goujon, comme le poisson ». Non seulement Camille porte le nom d’un poisson, mais elle est née dans une baignoire. « Ensuite, j’ai coulé une enfance heureuse près de Paris. Au fur et à mesure que je grandissais, mon environnement bucolique et naturel se métamorphosait en Z.I, Z.A… Pendant les vacances, j’allais me baigner dans le lac de Pareloup (Aveyron, ndlr). Un été, j’ai découvert terrifiée qu’il y avait des maisons sous le lac… On m’a expliqué que la vallée avait été inondée suite à la construction d’un barrage », raconte-t-elle.

L’histoire continue, car aujourd’hui, cette jeune parisienne de 34 ans, artiste contemporaine, a centré sa création sur l’eau et l’environnement. Les stations d’épuration, les barrages hydrauliques, les forages pétroliers, les centrales nucléaires, les systèmes d’approvisionnement en eau des villes et plus récemment les marées noires, la passionnent. Camille les transforme en dessins, sculptures, installations, vidéos, dans une expression à la fois humoristique et bucolique, qui donne matière à réflexion. Elle agrège l’actualité écologique pour donner naissance à la représentation imaginaire d’une « Terre machine », sorte de représentation asexuée de notre écosystème, détruisant sa féminité. Les dessous de cette terre deviennent une triste géologie prête-à-consommer.

Travailleuse acharnée, dotée d’une grande joie de vivre, personnellement engagée dans un choix de vie écologique, Camille est régulièrement exposée en galeries et reconnue, tant dans le milieu de l’art contemporain que de celui de l’environnement. L’artiste relie magistralement ces deux univers, travestissant joyeusement les messages préoccupants, en leur donnant force et questionnement.

Article écrit par Alice Audouin, extrait de Néoplanète n°16.