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Charal : l’abattage immontrable

Le 23 septembre 2009 par · 1 commentaire 

Quand une marque reconnue de la grande distribution ne se soucie plus du bien-être animal…

Néoplanète crie au scandale : Charal torture ses animaux à l’abattoir et refuse les critiques de la L214…

D’après un communiqué L214 du 10 septembre 2009

Nouvelles images : abattage des moutons

CharalIl y a quelques jours, l’association L214 dévoilait des images sur les pratiques d’abattage des bovins à l’abattoir Charal de Metz. Ces images montrent clairement des violations graves de la réglementation concernant la protection des animaux. Charal reconnaît le caractère monstrueux de ces images (1) et cherche à les faire disparaître sur Internet (les vidéos y ont été vues plus de 100 000 fois depuis leur publication). Plusieurs médias ont reçu de Charal une mise en demeure de retirer les vidéos de l’enquête.
Malgré l’évidence des images, les services vétérinaires départementaux ont pris la défense de l’entreprise et affirmé que l’abattoir respectait la réglementation, ce qui est faux.

Aujourd’hui, L214 révèle de nouvelles images concernant l’abattage rituel des moutons tel qu’il se pratique à l’abattoir Charal de Metz. Ces images démontrent une nouvelle fois la violation de la réglementation sur l’abattage.

Voir les images d’abattage des moutons à l’abattoir Charal de Metz (1’42)
Voir l’intégralité du dossier d’enquête

Tentative de censure des images

Charal a fait pression auprès de l’hébergeur de L214 via la loi LCEN (Loi pour la confiance dans l’économie numérique) pour demander le retrait du dossier d’enquête.
Charlie Hebdo, Le Nouvel Obs, Planete-Info, au moins, ont reçu une mise en demeure de retirer la vidéo de leur site. Dans la lettre envoyée à Charlie Hebdo (2), l’avocat de Charal précise : « Ces images [...] ne témoignent d’aucune infraction comme l’ont confirmé les services vétérinaires de l’Etat [...] ». Pourtant la vidéo vient justement apporter des éléments de preuve des infractions signalées par l’association que chacun peut constater sur les images.

Abattage des moutons et violation de la réglementation

L’abattage des moutons est rituel, réalisé sans étourdissement préalable des animaux avant égorgement.

L’abattoir dispose d’un piège (système d’immobilisation) pour les ovins, obligatoire pour cette pratique d’abattage. Ce piège est refermé autour de l’animal qui est ainsi immobilisé. L’employé chargé de tuer les moutons enchaîne les opérations d’égorgement, d’ouverture du piège et de suspension des animaux sans se soucier de maintenir l’immobilisation des moutons le temps de la saignée comme l’exige la réglementation (3).

Plus de détails sur l’abattage des moutons

Des Services vétérinaires juge et partie

- Sur le site Internet de Charal, on peut lire :
« La Direction des Services Vétérinaires (DSV 57) a rappelé la conformité de l’abattoir de Metz au regard de la réglementation et de protection animale. [...] rapport d’inspection du 18/05/09 : étape « piège / immobilisation » = Conforme »

- Dans un article publié dans Le Républicain Lorrain, la directrice-adjointe des Services vétérinaires départementaux affirme que :
« L’abattoir de Metz possède un agrément de nos services parce qu’il respecte la réglementation. C’est vrai qu’il y a beaucoup de choses à dénoncer en matière de protection animale, mais pas à l’abattoir de Metz. »

Dans cette affaire, les Services vétérinaires départementaux sont juge et partie. Présents en permanence dans l’abattoir, ils n’ont pas signalé les infractions relevées. Ces constatations corroborent celles de l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de la Commission européenne qui relève des défaillances récurrentes des Services vétérinaires français. Au cours de sa dernière mission en novembre 2008, l’OAV a notamment pointé explicitement l’insuffisance de formation des agents officiels concernant le bien-être des animaux. (4) La même constatation avait déjà été faite en 2007, « Les vétérinaires officiels avaient des connaissances insuffisantes pour maîtriser certains aspects des exigences relatives au bien-être des animaux lors de l’abattage, car la formation n’a pas été suffisante… ». (5)
Pour les Services vétérinaires départementaux, reconnaître l’illégalité des pratiques montrées par ces vidéos signifierait reconnaître leur propre manquement à leur mission de contrôle.

(1) « Pour Charal, les animaux ne souffrent pas », 20minutes.fr.
(2) « La puce de la semaine », Charlie Hebdo.
(3) Article 2 de l’arrêté du 12 décembre 1997 relatif aux procédés d’immobilisation, d’étourdissement et de mise à mort des animaux et aux conditions de protection animale dans les abattoirs :
« Dans le cas de l’abattage rituel, l’immobilisation des animaux des espèces bovine, ovine et caprine doit être assurée au moyen d’un procédé mécanique appliqué préalablement à l’abattage et maintenu jusqu’à la fin de la saignée. »
(4) « Rapport d’une mission effectuée en France en vue d’évaluer les systèmes de contrôle en place régissant la production et la mise sur le marché de viandes de volaille et produits à base de viande de volaille », OAV, du 17 au 26 novembre 2008, P.4.
(5) « Rapport d’une mission effectuée en France en vue d’évaluer le bien-être des animaux lors de l’abattage. », OAV, du 12 au 16 février 2007, p.2.

Régulation imminente de chiens en Chine

Le 9 septembre 2009 par · 5 commentaires 

Scandale en Chine ! Les propriétaires de chiens vont être sommés d’abattre eux-mêmes leur animal de compagnie. Jusqu’où ira l’homme ?

Les explications de l’IFAW, d’après un communiqué du 9 septembre 2009…

Des informations provenant de Chine indiquent qu’un nouvel abattage massif de chiens débutera jeudi dans le district de Qinhuangdao au sein de la Province d’Hebei près de Pékin. Les chiens de particuliers qui n’auront pas été tatoués et vaccinés devront eux aussi être abattus au même titre que les animaux errants.

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Creative Commons License photo credit: kisses are a better fate than wisdom

Les propriétaires dont les chiens mesurent plus de 30 cm au garrot ou sont considérés comme “dangereux” sont sommés de les abattre eux-mêmes le 10 septembre au plus tard. Si ces animaux sont encore en vie après cette date, la police lancera des escadrons d’abattage lesquels quadrilleront le district pour tuer ces animaux. Les propriétaires devront alors s’acquitter d’une amende pour l’abattage.

Alors que les autorités considèrent ce plan d’abattage comme étant une réponse aux accidents de morsures de chien survenus récemment dans le district, la directrice du bureau Asie du Fonds international pour la protection des animaux, Grace Ge Gabriel, réfute cette explication. “ Que Qinhuangdao choisisse ce moment précis pour réguler la population de chiens n’a d’autre but que celui de “nettoyer” les rues afin d’offrir un beau spectacle le 1er octobre, jour de la fête nationale de la Chine populaire. Cependant, en traitant les animaux avec cruauté, la municipalité fait tout le contraire. Cet abattage massif de chiens va provoquer l’indignation des chinois et scandaliser le monde entier, entachant de nouveau l’image de société harmonieuse que souhaite donner la Chine.

Actuellement, la Chine ne dispose d’aucune loi de protection animale ce qui empêche tout recours juridique contre la cruauté infligée aux animaux ou contre les abattages de ce type.

“Tuer des chiens qui ont des propriétaires est une violation des droits élémentaires du citoyen chinois,” déclare Gabriel. “Bien qu’il n’existe aucune loi en Chine pour mettre un frein à la cruauté infligée aux animaux, sa Constitution mentionne la protection de la propriété personnelle laquelle inclut celle des animaux de compagnie.”

En l’absence de programmes de prévention antirabique, de contrôles cohérents des populations canines ou de programmes d’éducation relatifs à la responsabilité qu’implique celle de détenir un animal de compagnie, les municipalités appuient souvent leur politique de gestion des chiens sur l’abattage massif pour contrôler les populations et lutter contre la rage. En mai dernier, plus de 40,000 chiens ont été abattus à Hanzhong, dans la Province de Shaanxi. “Ces mesures brutales d’abattage des chiens témoignent de la nécessité de mettre en place une législation qui garantisse un traitement humain de tous les animaux,” poursuit Gabriel.

Cependant, le gouvernement central collabore avec IFAW et d’autres organisations en Chine pour rédiger une loi de protection animale qui est selon Gabriel le seul moyen d’assurer un traitement respectueux des animaux à long-terme.

“Qinhuangdao doit mettre un terme à l’abattage massif des chiens et réfléchir aux réponses à apporter pour éradiquer les causes favorisant la surpopulation des animaux et la propagation de la rage. Entre autres réponses, la vaccination et la stérilisation des animaux sont primordiales.”

“Nous sommes bien évidemment satisfaits que l’ébauche de la première loi chinoise de protection animale soit presque terminée mais malheureusement je crains qu’il soit tout de même trop tard pour les dizaines de milliers de chiens à Qinhuangdao,” conclut Gabriel.