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Consommons différemment

Le 25 mars 2013 à 6:00 par · 3 commentaires 

Interview de Sophie Dubuisson-Quellier directrice de recherche en sociologie au CNRS et auteure de « La consommation engagée », (Presse Sciences Po, 2009)

 

 

Comment expliquer le « désaveu » des consommateurs pour la Grande Distribution ?

Je ne sais pas si l’on peut parler de désaveu. Les relations des consommateurs avec la grande distribution sont complexes et jalonnées de crises de confiance, mais la grande distribution constitue encore le principal lieu d’approvisionnement alimentaire en France. Mais depuis le début des années 2000 les lieux d’approvisionnements se sont diversifiés et de nouvelles offres se sont positionnées précisément comme des propositions alternatives, qui se veulent aussi pour certaines d’entre elles critiques. Ce sont toutes les démarches autour des circuits courts qui cherchent à rapprocher consommateurs et producteurs. Certains consommateurs y ont vu des garanties de qualité, d’authenticité et de fraicheur qu’ils considéraient ne pas pouvoir trouver dans la grande distribution. Et il est vrai que ces nouvelles offres de distribution ont bien résisté dans le contexte de crise, probablement parce que par ailleurs certains consommateurs se détournaient des très grandes surfaces qui pouvaient être considérées comme des lieux forçant vers une consommation excessive.

 

Quel est le profil des consommateurs qui se tournent vers les alternatives aux supermarchés ? (urbains – ruraux -  jeunes – personnes âgées, CSPŠ)

Ce sont beaucoup des urbains qui sont en quête de ces valeurs autour de la qualité, de l’authenticité, qui veulent un retour vers ce qu’ils considèrent comme des produits plus naturels. Il y a aussi une forme d’idéalisation du retour vers le rural et la consommation de fruits et légumes produits localement, ou dans l’agriculture périurbaine, à travers les marchés de producteurs, les amaps ou les magasins de producteurs participent de cette vision. Ce sont des consommateurs qui ont entre 35 et 50 ans, souvent avec un fort capital scolaire, appartenant aux classes moyennes et ayant la volonté de consommer plus de fruits et légumes, moins de produits préparés.

 

Sophie Dubuisson-Quellier

Peut-on parler d’acte engagé, politique, de la part des consommateurs qui s¹approvisionnent grâce aux circuits courts, amaps ?

Pour certains l’engagement est important et fort et se nourrit d’une réflexion sur l’alimentation ou la consommation en général et de préoccupations environnementales, mais pour d’autres c’est surtout la quête d’une qualité dont ils jugent qu’elle n’est pas proposée par les circuits longs. On voit par exemple que souvent l’arrivée d’un enfant est un élément déclencheur de l’engagement vers un circuit court, suggérant que la recherche de produits sains et de qualité est déterminante et l’on peut dans ce cas être très loin de tout positionnement politique. La consommation engagée est une réalité très diverse.

 

Peut-on imaginer que cette « consommation responsable » peut vite aller au delà du domaine de l’alimentaire ? Exemple de secteurs, dans quelles mesures ?

Oui, pour certains consommateurs il y a une réflexion globale et la recherche d’un circuit court vient juste traduire la quête d’une réponse dans le domaine alimentaire. Mais ils réfléchissent aussi à la consommation énergétique, à leurs modes de déplacement, à leur consommation en général. C’est notamment le cas de ceux dont la réflexion est la plus politique et qui cherchent à articuler leurs choix individuels avec des problématiques collectives.

 

On parle notamment de dimension sociale avec l’apparition de ces nouvelles alternatives. (Proximité, échanges, trocs).C’est symptomatique de notre époque ? Les gens ont besoin de tisser des liens, de vivre plus de solidarité ?

Oui c’est de toute évidence quelque chose d’important et la plupart de ces circuits alternatifs représentent d’abord la volonté de reconstruire des liens sociaux, parfois sur des bases territoriales, comme c’est le cas en milieu rural, mais aussi entre les urbains et les agriculteurs des ceintures vertes. Il s’agit aussi alors de trouver des solutions pratiques pour la consommation qui permettent cet engagement dans des relations sociales très fortes et impliquantes. Les actions les plus caractéristiques de cette démarche étant probablement les coopératives d’habitat ou les éco villages.

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