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S’il te plaît, tu veux bien rallumer les espèces ?

Le 15 mars 2013 à 13:00 par · 3 commentaires 

La Conférence de la convention sur le commerce international des espèces de faune et flore menacées d’extinction s’est refermée hier à à Bangkok. L’occasion de vous faire découvrir le résumé de l’association Robin des bois sur les animaux qui ont été rayés de la Terre. L’ONG résume très bien la capacité de l’Homme à détruire ce qui l’entoure.

Les espèces animales s’éteignent. La plénière de la CITES – Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction – à Bangkok a été l’occasion d’enterrer définitivement et sans cérémonie le Thylacinus cynocephalus et quelques espèces rayées de la planète en un siècle. Leurs arbres généalogiques remontaient à plusieurs millions d’années. Les extinctions s’accélèrent.

Lire La CITES, entre protection des animaux et enjeux économiques et Animaux : ce qu’il ne fallait pas louper

Ces catastrophes biologiques ne sont pas provoquées par des ruptures climatiques, des mutations géologiques ou des inadaptations fonctionnelles. L’homme en est le chef d’orchestre par des manipulations ou des introductions hasardeuses et par l’exploitation radicale de ses environnements.

Loups marsupiaux taxidermisés exposés au Musée de l’Etat de l’Australie méridionale © S.A. State MuseumLe Thylacinus cynocephalus surnommé Tigre de Tasmanie, Loup de Tasmanie, loup marsupial, opossum zébré était un faux canidé et un vrai marsupial capable d’emporter dans sa poche 2 à 4 petits.

Il était connu sinon commun sur le continent australien. Des dessins rupestres de thylacine datant de plusieurs milliers d’années font partie du rock art australien et sont conservés tant au nord qu’au sud du pays. Il aurait été décimé dans les suites de la colonisation par les immigrants européens à la fin du 18ème siècle.

La sub-population de Tasmanie a résisté plus longtemps malgré sa réputation de tueurs d’agneaux et d’autres animaux de la ferme ou d’élevage. Un bon thylacine était un thylacine mort. Chaque dépouille rapportée à l’administration ou aux gros propriétaires terriens faisait l’objet d’une récompense. Les biologistes pensent que cette réputation n’était pas justifiée et que les petits mammifères sauvages, les marsupiaux et les lapins introduits par les colons suffisaient en temps normal à son alimentation.

Ajoutée à l’intolérance, les thylacines ont sans doute été victimes de la mode. Les peaux étaient tannées et expédiées à Londres où elles étaient transformées en gilet sous l’appellation pompeuse et trompeuse de Tigre de Tasmanie.

Le dernier spécimen vivant identifié a été capturé en 1933. Il est mort d’ennui au zoo d’Hobart 3 ans après. C’est alors que les thylacines ont bénéficié d’une protection réglementaire. L’espèce présentait déjà tous les signes cliniques de l’extinction.

Changing Perspectives in Australian Archaeology, part XI. Rare aDe temps en temps, des prétendues traces ou observations de thylacines font la une de la presse tasmanienne mais elles sont dues à la confusion ou à des impostures.

Dans les livres pour enfants, les espèces ont la vie dure. Editée par Hachette en 1971, l’encyclopédie sur les animaux d’Océanie présente comme une espèce vivante et respectée les thylacines, en famille, avec leur magnifique pelage strié de zèbre ou de tigre. « On inflige de nos jours une amende de 5.000 francs à celui qui tue un loup de Tasmanie alors qu’on lui aurait accordé une récompense il y a quelques années ». De même Le Monde Vivant publié par Time Life dans son édition révisée de 1972 dit que l’avenir de l’espèce n’est pas menacé dans l’immédiat, un grand nombre de sujets se trouvant protégés dans les réserves forestières de Tasmanie. En fait, les thylacines vivaient dans les plaines et les collines ou à l’orée des forêts denses.

Combien de temps après leur extinction dans les forêts, les savanes et les marais les éléphants et les rhinocéros continueront-ils à survivre dans les livres pour enfants ?

Sa licence de journalisme en poche, elle s’envole pour la Réunion où elle arpente l’île en tant que journaliste radio au sein de RFO. Une fois revenue en métropole, Emilie se consacre à l’environnement et au bio avec Bioaddict.fr et pige également en tant que journaliste web avec DDMagazine.com… Avant d’intégrer l’équipe de Néoplanète en avril 2011. Elle rejoint parallèlement celle de l'émission "Bougez Vert" diffusée sur Ushuaïa TV en 2012.

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