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L’accessibilité numérique aux personnes handicapées

Le 30 mai 2011 à 1:00 par · 2 commentaires 

Comment travailler sans voir ou pouvoir se déplacer ? Le handicap dans le monde du travail reste un sujet problématique. Et à l’heure d’Internet, il est crucial de rendre accessibles les documents numériques aux personnes handicapées. C’est ce à quoi s’attèlent Sébastien Lopes, non-voyant, et Aurélien Place, tous deux employés de la société Ipedis et membres de l’association E-accessibility. Leur travail consiste à rendre les PDF et les sites Internet des entreprises accessibles. A la clé : le label gratuit e-accessibility apposé sur les documents et la création d’une médiathèque pour aider les personnes non-voyantes à accéder aux sources d’information des entreprises. Rencontre.

Comment rendez-vous l’informatique accessible aux personnes non-voyantes ?

Sébastien Lopes : Nous utilisons un logiciel PC de lecture d’écran nommé Jaws qui offre un retour sonore de toutes les informations contenues dans une page. Contrairement à une synthèse vocale, plusieurs raccourcis existent pour lister certaines parties d’une page seulement, comme les liens, les nouveaux titres ou les champs de formulaire. Une synthèse vocale, elle, lira uniquement du texte. Parallèlement, on peut coupler ce logiciel d’une plage braille branchée à un port USB qui retranscrit, avec des picto qui montent et descendent, le contenu d’une page ou d’un tableau.

Aurélien Place : Les synthèses vocales ne peuvent pas interpréter de l’image. Pour rendre accessible un document PDF, nous devons mettre des balises. Par exemple, nous enregistrons les cartes et les graphiques sous forme de listes à puces (carte géographique) ou de tableaux (graphiques…) et nous organisons le texte pour qu’il soit décrypté dans un ordre hiérarchique. Ces modifications, non visibles à l’œil nu, sont enregistrées en arrière plan, dans le logiciel. Sur Internet, c’est pareil : tous les liens -comme les « Lire la suite »- sont explicités.

Est-ce obligatoire de rendre son site web accessible aux personnes handicapées ?

Sébastien Lopes : L’obligation touche uniquement le secteur public qui a instauré son propre référentiel (RGAA – Référentiel général d’accessibilité pour les administrations). Mais les recommandations internationales WCAG 2.0 (Web content accessibility guidelines) ne sont pas obligatoires dans le secteur privé, sauf pour les sites avec une partie RH et recrutement. Une loi pourrait contraindre les entreprises à les appliquer, mais certaines le font déjà d’elles-mêmes.

Donc le monde du travail évolue…

Aurélien Place : Dans les grosses sociétés, il y a souvent un service Mission handicap rattaché au RH qui aménage des postes pour les personnes handicapées. Aujourd’hui, le personnel des entreprises devrait être composé à 6% de personnes handicapées, mais beaucoup de boites n’y arrivent pas. Au-delà de l’embauche, l’investissement est conséquent. Pour le lecteur d’écran Jaws et une plage braille, il faut compter près de 5 000€. Accueillir une personne non-voyante, c’est également rendre son site Internet, son intranet, mais aussi les applications-métier accessibles.

Aujourd’hui, l’accès au marché du travail pour les personnes handicapées est-il plus facile ?

Sébastien Lopes : Les handicapés sont deux fois plus touchés par le chômage que la moyenne nationale. Même s’il y a des choses qui sont faites, c’est quand plus difficile de trouver du boulot quand vous êtes handicapé. Ce n’est pas complètement entré dans les mœurs des entreprises. Si on laisse de côté les personnes handicapées qui ne peuvent pas travailler, il existe aussi des handicapés qui ne savent pas se vendre ou qui ne veulent pas travailler.

Aurélien Place : Il faut dire que le système est étrange : si vous ne travaillez pas, vous avez droit à l’Allocation pour adulte handicapé (AAH). Mais dès que vous avez des revenus, elle disparaît. En général, la différence entre le salaire perçu par les personnes handicapées -souvent au SMIC- et cette allocation n’est pas énorme. Beaucoup préfèrent donc garder cette allocation et ne pas travailler. Et puis, c’est souvent compliqué pour eux de se déplacer jusqu’à l’entreprise.

Fallait-il une loi pour faire bouger les choses ?

Sébastien Lopes : C’est sûr, la loi était indispensable. Dommage qu’elle ne soit pas appliquée correctement. Les administrations qui ne respectent pas les normes d’accessibilité et les 6% d’embauche ne vont pas payer de pénalités mais seront inscrites sur une liste noire. Les associations demandent à ce qu’elles paient des pénalités à l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées) !

Aurélien Place : Il faut dire qu’il n’y a pas de différence faite entre la maire d’une commune de 300 habitants et un ministère. Les structures sont très différentes : un ministère fonctionne plus comme une grosse entreprise qui a des moyens et des ressources internes.

Pour l’avenir, vous êtes plutôt confiants ?

Aurélien Place : Oui. Beaucoup plus de sociétés sont au courant de l’accessibilité qu’il y a six ans, à la création d’Ipedis. Avant, elles s’y intéressaient pour leur image et ne voyaient pas forcément les opportunités. Maintenant, elles nous appellent et nous demandent de rendre accessible leur site Internet. C’est une véritable avancée. Sébastien peut par exemple regarder ses comptes bancaires en ligne, commander des billets de train, aller sur le site du Pôle-emploi… C’est une facilité, surtout pour une personne qui ne peut pas forcément se déplacer. L’univers du travail fait plus d’efforts, surtout les grosses entreprises qui ont les moyens.

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