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Souffrance animale : campagne contre l’abattage rituel

Le 20 janvier 2011 à 1:01 par · 8 commentaires 

Plusieurs associations de défense des animaux*, dont la Fondation Brigitte Bardot, ont lancé une campagne nationale contre l’abattage rituel. Plusieurs députés demandent la mise en place d’un étiquetage particulier.

« Du point de vue de la protection des animaux et par respect pour l’animal en tant qu’être sensible, la pratique consistant à abattre les animaux sans étourdissement préalable est inacceptable, quelles que soient les circonstances ». Voilà l’avis de la Fédération des Vétérinaires d’Europe, repris en signature de l’affiche placardée depuis le 4 janvier, dans de nombreuses villes de France, sur plus de 2 200 panneaux publicitaires. Les deux visuels prévus pour illustrer cette campagne d’information ont d’abord été retoqués le 8 novembre dernier par l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) considérant qu’ils étaient de nature à “ridiculiser ou choquer” les adeptes des rites concernés.

Le vrai problème ? Sans étiquetage spécifique, le consommateur est tenu dans l’ignorance du mode d’abattage. Pourtant, jusqu’à 60% de la viande issue d’animaux abattus selon le rite musulman et plus de 70% de la viande issue du rite juif se retrouvent dans le circuit classique à l’insu des consommateurs. Selon le communiqué de presse de la Fondation Brigitte Bardot, « si la réglementation européenne prévoit une dérogation à l’obligation d’étourdissement préalable des animaux dans le cadre de l’abattage rituel, cette dérogation tend à devenir la règle dans de nombreux abattoirs, pour des raisons économiques. »

D’après une enquête menée, en France, par l’OABA dans 225 établissements d’abattage : 28% des gros bovins, 43% des veaux et 62% des ovins-caprins sont abattus sans étourdissement. Sur le site www.abattagerituel.com, les associations regrettent que « les consommateurs mangent donc sans le savoir de la viande pouvant provenir d’animaux qui étaient pleinement conscients lorsqu’ils ont été égorgés. Cela est d’autant plus intolérable que les instances scientifiques sont aujourd’hui nombreuses à dénoncer les douleurs ressenties par les animaux lors de l’abattage rituel. »

Des médias et des organisations religieuses dénoncent cette campagne. Interrogé par lefigaro.fr, le cabinet du grand rabbin de France y voit lui une «campagne de désinformation», mais se refuse à tout autre commentaire. Le site Internet Saphirnews.com parle d’« une propagande de lutte contre les habitudes alimentaires des citoyens juifs et particulièrement musulmans. » Avant d’ajouter : « Aucun abattage, y compris rituel, ne se fait sans douleur. […] Mais qui osera dire que l’assommage, l’électronarcose et le gazage, présentés comme les trois moyens d’étourdir l’animal par les associations, est un pur plaisir pour ce dernier ? […] L’étiquetage pourrait s’avérer le seul point commun sur lequel associations de défense des animaux et organisations musulmanes pourraient s’accorder. Il pourrait en effet résoudre en partie les carences en matière de transparence et de traçabilité qui caractérisent le marché tant convoité du halal et offrir aux consommateurs musulmans des informations précises sur les méthodes employés par les industriels. »

Quelles solutions ? En septembre dernier, Nicolas About, sénateur du Nouveau Centre, déposait une proposition de loi visant à établir un quota d’abattage rituel par abattoir ainsi qu’un étiquetage spécifique des viandes. Un mois plus tard, une seconde proposition était faite par un député UMP, Nicolas Duihcq, soutenu par d’autres députés tels que Christian Vanneste. «Nous avons atteint un niveau de conscience qui fait qu’aujourd’hui se pose la question du bien-être animal, explique Nicolas Duihcq au figaro.fr dans un article daté du 20 janvier 2010. L’animal, sans être étourdi avant d’être égorgé, souffre, c’est un fait. Il y a des gens qui ne souhaitent pas consommer de la viande abattue rituellement car eux sont attachés à la cause animale, à sa souffrance. Cela pose donc quand même un problème majeur de la liberté de conscience». Nicolas Duihcq entend déposer une nouvelle proposition de loi pour le mois de février, notamment en apposant l’étiquetage «avec ou sans étourdissement», sous la forme d’une lettre ou d’un code, sur le carton d’emballage de la viande. «Le consommateur a le droit de savoir ce qu’il mange, a-t-il précisé au Figaro.fr. Il a le droit de ne pas manger de la viande abattue selon un rite auquel lui ne croit pas».

* Les associations : Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs – Fondation Brigitte Bardot – Fondation Assistance aux Animaux – Protection Mondiale des Animaux de Ferme – Conseil National de la Protection Animale – Société Nationale pour la Défense des Animaux – Confédération Nationale des SPA de France.

Plus d’infos sur la campagne et sur l’abattage rituel, avec photos et vidéos : www.abattagerituel.com

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