Dico Ecolo : les labels bio pour l’alimentation
Le 15 juillet 2010 par Fanny Condat ·
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Parce que l’environnement est un sujet d’actualité brûlant et que les mots écolo fleurissent sans être compris par tous, ce petit dictionnaire explique simplement ces termes que l’on entend régulièrement. Il sera étoffé au gré de l’actualité écolo, de nos idées, mais aussi de vos suggestions et envies : ajoutez des précisions, donnez votre opinion, demandez de nouvelles définitions via l’espace des commentaires… Un dico écolo sur mesure ! Qui va être incollable sur l’environnement ?
Aujourd’hui, les labels bio au rayon alimentaire
Les produits alimentaires biologiques ne sont pas uniquement ceux estampillés AB, le label le mieux connu des Français. Passage en revue des autres labels, moins célèbres mais tout aussi exigeants, qui garantissent un mode production biologique.
AB
C’est le label officiel de l’agriculture biologique en France et le plus connu des consommateurs. Cette « marque collective de certification », propriété exclusive du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, certifie les produits alimentaires biologiques depuis 1985.
Le cahier des charges du label AB impose un mode de production agricole durable qui doit concilier la production de denrées alimentaires, la conservation des ressources limitées et la protection du milieu naturel.
Quelles garanties ?
Aucun pesticide ni engrais chimique n’est utilisé pour la production agricole. Ils sont remplacés par des engrais organiques. La biodiversité et la qualité des sols sont conservées grâce au système de rotation des cultures (à l’opposé du système d’exploitation intensive des sols). Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont interdits. Pour la production « animale » (viande, œufs, lait, etc.), les traitements antibiotiques sont limités et remplacés par des soins homéopathiques et phytothérapiques, la surface au sol pour chaque animal est suffisante, 90% de leurs aliments sont biologiques, etc.
Dans les produits transformés, 95% au minimum des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique. Le reste est composé de produits non disponibles en bio (épices, produits exotiques, etc.) ou de produits sauvages comme les algues ou le sel marin. Les aliments contenant entre 70% et 95% d’ingrédients biologiques peuvent indiquer : « x % des ingrédients d’origine agricole ont été obtenus selon les règles de la production biologique ». La liste des ingrédients sur l’emballage doit préciser quels sont les produits issus de l’agriculture biologique, et ceux qui ne le sont pas.
Point négatif : l’impact environnemental de la transformation, du transport et de la distribution de produits n’est pas pris en compte.
Quel contrôle ?
L’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO), agrée par les pouvoirs publics, est l’organisme de contrôle chargé de vérifier le respect du cahier des charges. Une fois par an au moins, l’INAO contrôle toutes les étapes du processus de production : les agriculteurs, les éleveurs, les transformateurs… personne n’y échappe ! Des analyses sont effectuées sur les matières premières et les produits transformés.
Plus d’infos sur le site du ministère de l’Agriculture et de la Pêche
Les règles d’usage de la marque AB
L’eurofeuille
Elle est toute nouvelle, toute belle, c’est l’eurofeuille ! Depuis le 1er juillet 2010, le label « Agriculture Biologique » européen doit être appliqué sur les emballages des produits alimentaires respectant les normes européennes de l’agriculture biologique. Il ne rentre pas en concurrence avec le logo national français AB, dont le cahier des charges est plus exigeant.
Quelles garanties ?
Comme le label national AB, au moins 95% des ingrédients du produit sont issus de la production biologique pour les produits transformés. Le label européen tolère des traces d’organismes génétiquement modifiés (OGM) à hauteur de 0,9%.
Comme pour le label AB, les conditions du bien-être animal doivent être rigoureusement respectées : alimentation des animaux, espace minimum vital, etc.
Sur l’emballage doivent être indiqués le lieu d’origine des ingrédients du produit, ainsi que le code de l’organisme chargé des contrôles. Pour le consommateur, c’est l’assurance que les produits sont obtenus en parfaite conformité avec les normes européennes, qui se sont durcies à l’occasion de la sortie de l’eurofeuille.
Point négatif : l’impact environnemental de la transformation, du transport et de la distribution de produits n’est pas pris en compte.
Quel contrôle ?
Les différents opérateurs sont contrôlés au moins une fois par an. Ces contrôles comprennent un audit de la documentation commerciale, vétérinaire,… ainsi qu’une inspection des champs, des vergers, des serres, des pâturages et des conditions de vie des animaux. Les acteurs jugés à risques peuvent recevoir des visites inopinées.
Plus d’infos sur le site du label européen pour l’agriculture biologique
DEMETER
Fondé en 1932, ce label international privé emprunte son nom à la déesse de la Terre et des Moissons dans la mythologie grecque. Demeter certifie les produits issus de l’agriculture biodynamique, qui sont aussi biologiques : pain, pâtisseries, produits laitiers, viande et charcuterie, fruits et légumes, condiments et épices, huiles mais aussi cosmétiques.
L’agriculture bio-dynamique, est basée sur le respect du rythme de croissance des plantes et des animaux, et sur les saisons. En clair, il ne faut pas forcer la nature ! La bio-dynamie a aussi pour objectifs de soigner la Terre, de régénérer les sols et de créer, au sein d’une même ferme, un équilibre entre les espèces animales élevées et les cultures agricoles.
Quelles garanties ?
Pour être labélisé Demeter, un produit doit être préalablement certifié Agriculture Biologique (le label AB).
Un produit Demeter respecte de plus les critères de l’agriculture bio-dynamique définis dans son cahier des charges : on utilise des engrais naturels comme le fumier, les animaux sont nourris à 80% minimum des produits de la ferme, on pratique la rotation des cultures… Les agriculteurs Bio-dynamistes soignent leurs cultures avec des préparations à base de plantes médicinales et de minéraux. Aucun produit chimique n’est utilisé. Toutes les surfaces cultivées doivent respecter les exigences de l’agriculture biodynamique.
Autre nécessité : les mesures « d’écologie du paysage » consistent à planter, sur 5% du domaine au moins, des bosquets champêtres, vergers, arbres, … et à entretenir les forêts, ruisseaux, zones marécageuses et étangs à proximité.
Quel contrôle ?
Les producteurs sont contrôlés par un organisme de certification indépendant. L’organisme de certification mandaté ne peut prononcer la certification DEMETER d’une ferme biodynamique qu’à partir de la quatrième année de récolte seulement. Les agriculteurs doivent par ailleurs tenir un journal d’élevage recensant les mouvements d’animaux entrant ou sortant du domaine. Chaque animal doit détenir une fiche d’identité precise.
Plus d’infos sur le site de Demeter
Le cahier des charges Production; Le cahier des charges Transformation
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