Du traitement des lobbies.
Le 4 février 2009 par Alexis du Fontenioux ·
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L’édito d’ Alexis du Fontenioux du blog valinkeo
Les Lobbies font l’objet d’une réticence, d’une méfiance avérée et véhiculent une image bien dégradée. Nous nous méfions instinctivement de ces « forces obscures ». Cette idée reçue peut être à bien des égards légitime. Le lobbying n’est pourtant ni bon ni mauvais en soi, tout dépend de son caractère, de ses initiateurs et de ses méthodes.

photo credit: David_Reverchon
A l’occasion du changement de l’administration américaine, un certain nombre de groupes de pression avancent leurs pions, citons deux d’entre eux : le BICEP (Business for Innovative Climate and Energy Policy) et l’US Climate Action Partnership. Ces groupes rassemblent des entreprises comme Nike, Sun Microsystem, Timberland, Levi Strauss, General Electric, BP (on y retrouve même les 3 constructeurs automobiles tant décriés !), leur ambition est de développer une législation plus stricte en matière de politique « climatique » et ils militent pour l’application des grands principes de l’accord de Kyoto. Après s’être réjoui de l’émergence de cette prise de parole et du motif affiché par cette collusion d’intérêts « le réchauffement climatique nuira à notre activité économique », il s’agit de replacer le débat dans son contexte et de mesurer les objectifs réels de ces lobbies. Les chefs d’entreprises concernés ne sont pas guidés par une sensibilité particulière et ne sont pas non plus « nouvellement écolo », ils ont intégré les avantages compétitifs et concurrentiels qu’une politique environnementale plus stricte pouvait leur apporter.
Certes, cette évolution est vertueuse mais comporte inévitablement des effets pervers. Ainsi, de nouveaux brevets, de nouvelles technologies ou de nouveaux marchés peuvent être ignorés ou même « étouffés », car menaçant la position dominante de ces fameux groupes de pressions. Dans l’industrie automobile, dans le secteur des énergies alternatives, que de temps avons-nous perdu à ignorer des brevets de peur de perdre le contrôle d’un marché maîtrisé (le moteur à air comprimé, invention française, a fini par trouver preneur en Inde !). « Green is Green » dit l’adage en référence à la couleur du billet vert, « Le développement durable, une chance pour la France » dit le Medef. Les enjeux environnementaux deviennent des enjeux stratégiques de marché, pouvant accentuer une position dominante en développant les barrières à l’entrée, limitant ainsi l’arrivée de nouveaux concurrents ou de nouvelles technologies. L’enjeu porté par les « lobbies verts » est de contrôler et de maîtriser au mieux les évolutions et le contexte réglementaire de leurs activités. Le green business n’est pas un univers joyeux, c’est un nouveau champ de bataille concurrentiel et l’âpreté de la compétition y fera rage comme ailleurs.

photo credit: Korean Resource Center ????
L’émergence de nouveaux lobbies verts est une bonne nouvelle en soi mais pour que leurs activités restent vertueuses, elles doivent s’exercer dans un cadre ou les règles sont claires et respectées. Pour avoir imposé immédiatement un fonctionnement renouvelé et contraignant aux groupes de pression, l’administration américaine émet un signal fort et positif. Dans un pays où encore récemment un Etat n’avait pas le droit d’imposer de réductions de GES aux entreprises, le changement est de taille !







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